Nous faisons connaissance avec la narratrice, Crane, le jour de sa naissance, naissance violente et dure. En effet, sa mère la rejette, elle n'a qu'une idée, expulser ce bébé dont elle ne veut pas et quitter l'hôpital au plus vite.
Le ton est donné : Crane raconte sa douleur de bébé, le manque viscéral de cette mère qui l'a quitté, et avec elle le manque de toutes les substances auxquelles elle était habituée dans le ventre maternel .
Au bout de quelques jours, une voiture s'arrête devant l'hôpital et deux enfants sont envoyés chercher le bébé. Tous prennent le chemin d'une baraque misérable au fond de la campagne de l'Iowa. Vivent ici, un homme, deux femmes, 3 enfants et une ombre qui plane sur ce lieu de misère et de crasse.
En dépit de tout, les enfants vont survivent grâce à une très grande solidarité entre eux : ils sont peu ou pas nourris, ils ne sont pas scolarisés, d'ailleurs Crane va être élevée par sa soeur. Une drôle de fratrie : l'aîné un garçon au visage d'ange, la plus jeune défigurée, au milieu la soeur qui survit en chipant de l'alcool aux adultes.
Difficile de trouver situation de départ plus noire que celle de ces enfants. Pourtant, ensemble, ils vont grandir ici et la vie les conduira sur des chemins différents. L'intelligence de Crane va l'aider à s'en sortir, et l'on comprend alors comment les fourmis lui ont sauvé la vie.
Un texte qui se fait lumineux au milieu de la noirceur grâce à l'écriture et à l'amour au sein de cette fratrie. Au centre, Crane est cette petite fille qui va s'en sortir grâce à une volonté qui ne faiblit jamais.