Auteur :Étienne Davodeau Titre : Les Mauvaises gens : une histoire de militants Éditeur : Delcourt Collection : Encrages 1ère édition : août 2005 Nombre de pages : 183 Lu : février 2009
Ce que j’en dis :
Avec cette bande dessinée Étienne Davodeau nous propose un documentaire et non une fiction. Il a choisi de retracer le parcours de ses deux parents, depuis leur naissance après la guerre jusqu'à l'élection de François Mitterrand en 1981. Nous sommes dans les Mauges près d'Angers, une région rurale, repliée sur elle-même, et la foi chrétienne y est fortement ancrée. C'est dans ce paysage que grandissent ses parents. Très jeunes, ils entrent dans le monde du travail. Ce sera l'usine et ses cadences infernales pour sa mère. Son père a plus de chance puisqu'il débute chez un artisan local, mais lui aussi finira par rejoindre l'usine. À cette époque le travail ne manque pas, pourtant rien n'est facile. Tous deux vont se rencontrer grâce au militantisme et aux JOC. Le mariage et les enfants ne les changent pas. Ils continuent à militer au fil des années et, pour le petit Étienne, les réunions de 20 personnes chaque soir dans la cuisine enfumée sont la norme. Étienne Davodeau clôt son récit au soir de l'élection de François Mitterrand, et c'est bien tout un monde qui se termine ce jour-là, un monde en noir et blanc avec d'un côté le bien et de l'autre le mal. Ensuite rien ne sera plus pareil. En racontant le parcours de son père et de sa mère, l'auteur raconte une histoire du milieu ouvrier de l'après-guerre, et c'est le très bel hommage d'un fils à ses parents.